Promenade
Photo © Benoît Lesne texte © Mémoire Nantes Sud

14 Sevre Rive Droite Les civelles

Pendant certaines nuits d'hiver, les moteurs des bateaux de pêche ronronnent sur la Sèvre. Ils viennent pêcher les civelles (appelées aussi pibales dans le sud-ouest), les alevins de l'anguille européenne.

La larve de 7mm, née dans la mer des Sargasses, se laisse d'abord porter par les courants du Gulf Stream durant un long voyage de 6000 kilomètres et près d'un an passé en mer. Devant les côtes européennes, elle se transforme en alevin de 5 à 6 cm et cherche alors à rejoindre l'eau douce des rivières ou des mares pour y vivre une dizaine d'années avant d'entreprendre la deuxième migration qui va les mener sur les lieux de reproduction, dans les profondeurs de la zone Caraïbe...

L'adulte peut alors atteindre la taille de 0,50 à 1,40m...

Autrefois très abondante (on aurait même utilisé les civelles comme engrais dans les jardins ou pour nourrir les poules!), l'espèce est protégée depuis 2009, car selon l'Agence française pour la biodiversité, la quantité de spécimens présents dans les eaux hexagonales a diminué de 75 % en trente ans... En cause, notamment : la construction de barrages, la canalisation des cours d'eau, la pollution, la pêche, le braconnage et le parasitisme.

Les pêcheurs disposant d'une licence sont soumis à des quotas. Mais les civelles sont victimes du braconnage car elles se vendent aux mareyeurs, selon les saisons, entre 110 € et 500 € le kilogramme …