Promenade
Photo © Louis Le Bail (photo fournie par) texte © Louis Le Bail - Alpac - pdf

9 Erdre Pareillier

Édouard RICHER raconte ( Description de la rivière d’Erdre depuis Nantes jusqu'à Nort ) vers 1820, « le fond de la baie, en tirant vers la Gâcherie, est tout couvert de feuilles de nénuphar. C’est là que se fait chaque automne une pêche assez curieuse, qui n’est particulière qu’aux rives de l’Erdre. On l’appelle Pareillier.

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On entoure, le soir, l’espace occupé par les tiges du nénuphar d’un long filet qu’on appelle seine ; le poisson, qui se réfugie toujours en grand nombre au milieu de ces plantes, se trouve ainsi renfermé subitement. Toute la nuit les pêcheurs font un grand feu pour éclairer la seine et ils tirent des coups de fusil pour annoncer leur présence à ceux qui seraient tentés de s’approprier le fruit de leurs peines. Le lendemain ils fauchent les nénuphars sous l’eau, ils les jettent au loin sur la rivière ou les ramènent à terre, suivant le côté d’où souffle le vent ; on tire ensuite le filet vers le rivage en contraignant le poisson de fuir vers une poche de 7 à 8 mètres, placée au centre. Á l’instant où celle-ci approche, on la détache et on la conduit sur le bord. L’on transporte alors le poisson dans des réservoirs où on le prend à volonté, mais où la loutre, assez commune sur ces rivages, en fait souvent sa proie.

Un pareillier peut donner dans les bonnes années jusqu’à vingt barriques de poisson. Il s’en fait trois sur toute l’étendue de la rivière, l’un à la Gâcherie, l’autre à la Gandonnière, et le troisième, plus considérable que les autres, à la Turbalière, proche de Sucé. »

PareillierPhoto 1910 fournie par Louis Le Bail

On appelait « pareillier » un endroit couvert de nénuphars, du nom que les riverains donnaient au nénuphar : « pareil », ou « parelle ».