Collections végétales

Introduction du Magnolia à Nantes

Magnolia grandiflora

Dessin Roland Jancel

Depuis plus de trois siècles, le port de Nantes accueille des plantes en provenance des quatre coins du monde. De ces nombreuses introductions, celle du Magnolia grandiflora a marqué l’histoire locale.

Le Magnolia de La Maillardière

C’est le premier Magnolia grandiflora introduit en France et peut-être en Europe. Débarqué discrètement au port de Paimboeuf Paimboeuf est situé entre Nantes et Saint Nazaire sur l'estuaire de la Loire en 1711 avant de gagner La Maillardière, propriété de René Darquistade, maire de Nantes.René Darquistade est maire de 1740 à 1747. Il est écuyer, seigneur de la Maillardière, Saint-Fulgent, etc., l'un des quatre lieutenants de la grande vénerie de France, secrétaire du roi, maison et couronne de France, colonel de la milice bourgeoise. Celui-ci, après l’avoir conservé et observé pendant près de vingt ans en orangerie, le juge de peu d’intérêt et le condamne. Sauvé de la destruction par la femme du jardinier, il est planté derrière les dépendances du château. Trouvant enfin des conditions plus favorables, le magnolia, alors, se développe et fleurit magnifiquement. Après plusieurs tentatives infructueuses, les pépiniéristes nantais réussissent à multiplier le magnolia par marcottage aérien, permettant ainsi d’assurer sa diffusion. Endommagé pendant la Révolution, le vieil arbre survivra encore pendant quelques années puis, vers 1848, malgré des soins attentifs, il dépérit et meurt.

Plus d'info : L'histoire complète du Magnolia de la MaillardièreSur le M. de la Maillardiere"


Le Magnolia de La Galissonnière

Né à Rochefort, Roland Michel de La Galissonnière"Entré dans la marine à 17 ans Roland Michel de la Galissonnière gravit brillamment tous les grades de la hiérarchie. Nommé Gouverneur du Canada en 1747, il assure la liaison entre la Nouvelle France et la Louisiane. Marin et soldat, c'est aussi un naturaliste et un botaniste distingué préoccupé à la fois d'introduire en France les végétaux découverts dans les nouvelles colonies mais aussi de faire bénéficier celles-ci de tous les végétaux utilitaires cultivés chez nous, notamment les arbres fruitiers" était indirectement apparenté à Bégon (qui donna son nom au Bégonia). La famille de La Galissonnière s’établit au château de La Jannière près du Pallet (44). Botaniste érudit, Barin profite de ses fonctions de gouverneur de Louisiane puis du Québec pour introduire de nouveaux végétaux: liquidambars, liriodendrons, mélèzes et épicéas, mais aussi un nouveau Magnolia grandiflora. La tradition situe cette deuxième introduction entre 1741 et 1749. Comme La Maillardière, La Galissonnière est détruite pendant la Révolution, le château, mais aussi les archives. Tout au plus, sait-on qu’en 1848 le nouveau propriétaire, peu sensible à la botanique, vend les arbres du parc. Heureusement, Magnolia grandiflora galissonniensis a laissé une nombreuse descendance qui en fait l’un des cultivars les plus répandus en culture.