Collections végétales

Le magnolia de la Maillardière

Dessin marcottage aérien

Marcottage aérien

Ce n'est qu'en 1764 qu'un apprenti apothicaire, le Sieur LOUVRIER, rapporte d'une visite à La Maillardière une petite branche d'un arbre qu'il n'a pas su identifier. C'est le maître apothicaire, botaniste réputé, François BONAMY Médecin et botaniste nantais 1710 - 1782. Il fut directeur du Jardin des plantes de Nantes de 1737 à 1780. Il est l'auteur de Flore des environs de nantes paru en 1782., qui lui donne la solution en identifiant le Magnolia de Louisiane, ou plus précisément le Magnolia Grandiflora ainsi dénommé par LINNE en l'honneur de Pierre MAGNOL.

François BONAMY fait part de cette découverte à BARIN DE LA GALISSONNIERE, puis également au célèbre DE JUSSIEU. Bien entendu, le premier souci de ces collectionneurs invétérés est de chercher à multiplier cette nouveauté. Par semis, tout d'abord. Mais, malgré toutes les précautions prises, les graines ne germent pas. Par drageonnage ensuite mais, faute de drageon, BONAMY, avec l'aide du pépiniériste MOREAU, va essayer en 1767 de réaliser des marcottes aériennes. Fin avril, début mai, MOREAU réalise un échafaudage de planches sur lesquelles il fixe des boites de fer blanc remplies de bonne terre enrichie de fumier bien décomposé. Les jeunes rameaux, après avoir été arqués, y sont fixés par des crochets. Peu de temps après, hélas, les boites sont volées !
En 1768, l'opération est recommencée en employant cette fois des caisses en sapin : malheureusement, l'été est chaud et sec et, faute "d'arrosements" réguliers, les marcottes échouent. Nouvel essai, en 1769, pour mettre toutes les chances de son côté François BONAMY donne un pour-boire au jardinier du château afin qu'il donne les soins nécessaires. C'est enfin le succès, les racines se sont formées. Patient, BONAMY attend l'automne pour procéder au sevrage. Il n'est pas le seul à veiller car, aussi incroyable que cela paraisse, pour la seconde fois, les marcottes sont volées !

Pendant plus de vingt ans, le Magnolia de La Maillardière va retomber dans l'oubli. Lors de la Révolution le château est incendié, les murailles s'écroulent. A demi enfoui sous les décombres, les branches brùlées, le tronc portant les cicatrices des balles qui l'ont touché pendant la bataille, le Magnolia redémarre malgré tout. La circonférence du tronc atteint à l'époque plus d'un mètre.

Suite de l'histoire du magnolia de la Maillardière