Collections végétales

Le magnolia d'Hectot doyen du jardin ?

Magnolia grandiflora

Le Magnolia d'Hectot
du Jardin des plantes de Nantes

En 1807, Hectot Jean Alexandre Musculus Hectot directeur du Jardin des plantes de Nantes de 1803 à 1820 fait, pour 384 francs, l'acquisition d'un superbe magnolia "le plus beau après celui de la Maillardière". L'histoire de cet arbre est peu banale.

D'après Hectot, le magnolia qui porte maintenant son nom proviendrait d'une marcotte prélevée à la Maillardière.

Le jeune arbre est ensuite planté dans le jardin de M. Grolleau, Rue Paré à deux pas du Jardin des Apothicaires. Lorsqu'en 1796, M. Grolleau déménage Rue de Coutances, il ne peut se séparer de son magnolia qui subit une nouvelle transplantation, opération réalisée par Lefièvre père, pépiniériste réputé. A la mort de M. Grolleau en 1804, ses héritiers vendent l'arbre à un autre pépiniériste fameux, Bruneau père. Enfin, en 1807, le magnolia balladeur acheté par Hectot termine ses pérégrinations au bout de la grande allée du jardin, près du bassin circulaire.

L'arbre vénérable a connu toutes les vicissitudes du jardin et résisté aux plus durs hivers. Vers 1850, à la suite des terrassements paysagers, il subit une période de dépérissement et les nombreux détracteurs d'Ecorchard s'empressent de prédire sa disparition prochaine. On en déduisit ultérieurement que le magnolia d'Hectot était mort à cette époque. L'analyse des faits et des dates ne permet pas d'être aussi catégorique. Le dernier document irréfutable sur ce sujet est signé de la main même d'Ecorchard. En 1859, à la veille de l'inauguration du jardin, le magnolia est encore bien vivant, entouré d'une corbeille de fleurs. Si l'arbre actuel n'est qu'un remplaçant, sa plantation ne peut être que postérieure à 1880, année du terrible hiver qui détruisit tous les jeunes arbres de cette espèce dans le jardin. Or, avec 2,30 m de circonférence de tronc, ce qui en fait le plus gros sujet de la région. Le "Magnolia d'Hectot" est manifestement plus que centenaire et nous pouvons donc jusqu'à preuve du contraire le considérer comme le doyen du jardin.