Collections végétales

Camellia Higo

Camellia Higo
Texte Roland Jancel

Higo, l'appellation de ces camélias prend une consonance mythique à la fois parce qu'ils sont rares et mal connus en Europe, mais aussi parce que leur histoire est liée à l'une des périodes les plus brillantes de l'histoire japonaise : l'ère des samouraïs.

Voilà près de cinq siècles que dans l'Ile de Honshu, plus précisément dans la ville d'Higo (aujourd'hui Kumamoto), quelques samouraïs prenaient pour symbole la fleur de camélia.
En raison du cloisonnement du Japon féodal, les types variétaux cultivés restent peu nombreux et ce confinement aboutit à l'élaboration d'une « race » de camélias à la morphologie typique.
Les Higo proviennent probablement du croisement entre Camellia japonica et sa sous-espèce botanique rusticana. Les sujets, souvent trapus et ramifiés, conviennent particulièrement à la confection de bonzaïs. Cependant, c'est par sa fleur que le Camellia Higo est le plus remarquable. Les pétales de couleur franche, luminescente, sont peu nombreux (5 à 9) et disposés à plat ; l'aspect décoratif de cette fleur simple est surtout constitué par les étamines formant une couronne centrale.
Un vrai Higo doit compter au minimum 200 étamines car les amateurs japonais comparant l'homme à la fleur considèrent que le coeur est plus important que le corps. Aussi, observant cette règle, la sélection privilégie les cultivars en fonction des étamines, n'accordant à la corolle qu'une moindre importance.