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Camellia chrysantha

Camellia Chrysantha

Texte Roland Jancel

La fleur d'or, ce nom qualifiait déjà une fleur exceptionnelle : le chrysanthème, et c'est sans doute pourquoi les botanistes ont voulu reprendre cette appellation pour une nouvelle espèce de Camellia, le camélia à fleurs d'or : Camellia chrysantha.

L'histoire commence en 1958. Le premier camélia jaune, Camellia euphlebia, n'est alors connu qu'à partir d'une planche d'herbier décrite par Sealy.
Deuxième épisode en 1965, lorsque le Docteur Hu-Hsen-Hsu publie le résultat de ses recherches sur le genre Camellia dans la revue « Acta Phytotaxonomica Sinica ». Les botanistes ont la surprise de découvrir 14 nouvelles espèces de Camellia et, notamment dans la section theopsis, une espèce à fleurs jaunes : le Camellia chrysantha.
Cet arbuste de 2 à 5 m de haut se développe dans la province chinoise de Guangxi. Si le feuillage rappelle celui du Camellia granthamiana, les fleurs de 5 à 6 centimètres de diamètre portées par un court pédoncule sont très différentes. Les 8 à 10 pétales légèrement récurvés de couleur jaune vif sont marqués de nervures jaune safran ; au centre, un paquet d'étamines orangées rehausse la tonalité de l'ensemble.

Sur le plan cultural, Camellia chrysantha est une plante assez délicate et il est peu probable que cette espèce sauvage trouve un développement important dans des conditions courantes de culture. C'est dommage, mais l'essentiel reste que les hybrideurs ont maintenant un gène « jaune » à leur disposition.

Le premier « prototype » de camélia jaune est obtenu par Robert Fortune à partir d'un cultivar de Camellia oleifera à étamines pétaloïdes jaunes. En 1965, le premier « japonica jaune », « Gwenneth Morey », obtenu en Australie, présente également des étamines pétaloïdes jaunes ; il en est de même pour 4 « Brushfield's Yellow », puis pour de nombreuses autres variétés dont la tonalité ne dépassent pas le jaune-crème.
Depuis 1972, en Chine puis au Japon, enfin aux U.S.A., les hybridations de Camellia chrysantha se multiplient. Jusqu'ici, les résultats sont peu probants, mais à la loterie de la génétique il faut de la patience. Avec les nouvelles espèces chinoises, les résultats devraient être meilleurs.
Si l'on se rappelle l'histoire du rosier et la progression depuis la modeste Rosa foetida et le premier Pernetiana Soleil d'Or, tous espoirs sont permis pour les camélias jaunes de demain.

Depuis les années soixante, d'autres espèces de camélias à fleurs jaunes ont été découvertes, ce qui augmente d'autant les possibilités génétiques ; citons entre-autres :

Série Flavae

  • Camellia flava : fleurs de 3 à 4 cm de diamètre, 10 à 13 pétales, jaune doré.
  • Camellia aurea : fleurs de 3 à 6 cm de diamètre, 9 pétales, jaune doré

Série Chrysanthae

  • Camellia flavida : petites fleurs de 2 cm de diamètre, 8 pétales, jaunes clair
  • Camellia impressinervis : 12 pétales, jaune doré
  • Camellia euphlebia : 6 à 8 cm de diamètre, 8 à 9 pétales, jaune
  • Camellia chrysanthoïdes : 4 à 5 cm de diamètre
  • Camellia tunghinensis : fleurs jaune doré de 4 cm de diamètre, 8 à 9 pétales
  • Camellia pingguoensis : fleurs jaune doré de 1,5 à 2,3 cm de diamètre
  • Camellia pubipetala : jaune doré, de 5 à 6,5 cm de diamètre, 9 à 13 pétales.