Articles botaniques

Quercus ilex

Article Pierre Artus

Caractéristiques

Arbre pouvant atteindre 15 m de hauteur, parfois jusqu'à 25 m.
Le tronc est généralement peu élevé par rapport à la hauteur de l'arbre, 2 à 3 m. La cime est d'abord ovoïde puis aplatie. Il reste à l'état d'arbuste dans des conditions de vie difficiles, sols très secs ou en bordure immédiate de la mer.
Arbre à feuillage persistant. Les feuilles sont de formes très variables suivant les individus. Elles sont grandes, à grosses dents chez ceux poussant à l'ombre, plus coriaces, très blanches en dessous, à bords entiers chez ceux poussant au soleil enfin très dures et épineuses en situation aride. Elles diffèrent même sur une même plante suivant les rameaux en fonction des conditions de végétation.
Enracinement pivotant pouvant atteindre 10 m de profondeur.
Arbutus unedo
©Philippe Férard

Associations

Braun-Blanquet a appelé "Ordre des Quercetalia Ilicis" l'ordre du chêne vert, l'un des principaux de Provence et de la région méditerranéenne. Cet ordre ne comprend qu'une seule alliance, le Quercion ilicis avec l'association à Quercus Ilex, Quercetum ilicis gallo-provinciale Braun-Blanquet (1915) et l'association à Quercus coccifera. Le Quercetum ilicis gallo-provinciale se trouve dans le midi, sur les collines jusque vers 300 à 400 m.
Molinier donne le relevé suivant fait en Provence occidentale :
Q. ilex, Phillyrea media, Ruscus aculeatus, Carex distachya, Viburnum tinus, Arbutus unedo, Asplenium adiantum nigrum, Erica arborea. Cette association du chêne vert est plus liée aux régions méditerranéennes que le chêne vert lui-même qui se développe aussi dans notre région.
Tronc St Mars du Coutais

Dans notre région

Les régions Armoricaines, au sud de la Loire et sur l'ensemble de la bordure littorale comportent un groupe d'espèces s'écartant peu du pourtour méditerranéen : les eu-méditerranéennes dont fait partie le Quercus ilex .

Cette essence est abondante le long du littoral vendéen jusqu'à Noirmoutier (bois de la Blanche et de la Chaise) où elle croît en mélange avec Quercus pubescens , Daphne gnidium., Cistus salvaefolius, Rhamnus alaternatus, et Arbutus unedo.
Les espèces suivantes dites de la série du chêne vert en Vendée sont exclusivement cantonnées dans la zone littorale ayant Noirmoutier comme limite septentrionale :
Cistus salvaefolius, Rhamnus alaternatus, Silene vulgaris, Trifolium rubens, Ecballium elaterium, Daphne gnidium, Quercus ilex, Quercus pubescens, Gladiolus segetum, Milium vernale.

La limite précise de l'aire spontanée du chêne vert est difficile à fixer. H. des Abbayes (1942) admet l'indigénat du chêne vert à l'intérieur du district de Basse-Loire mais seulement jusqu'au nord de l'île de NOIRMOUTIER. Pour H. Foussard (1952), les boisements de chêne vert de la forêt de La Baule pourraient représenter les restes, profondément modifiés par l'homme, d'un Quercetum Ilicis ancien.
C'est l'isotherme annuelle de +12° qui semble circonscrire l'aire du chêne vert dans le nord ouest.

Le chêne vert est indifférent à la nature du sol et on le voit aussi bien sur les schistes (Anjou) que dans les terrains sablonneux calcarifères de la côte vendéenne pourvu qu'ils soient secs.

Selon Pierre Lieutaghi, l'Yeuse ne recherche pas les stations les plus arides, mais les accepte : l'homme l'ayant surexploité (utilisation de l'écorce pour les tanneries autrefois plus chère que le bois) ou bien chassé des terres fertiles, ne lui a laissé le choix qu'entre la disparition et l'ascétisme.

On le trouve à l'ouest de Nantes entre le Pellerin et Port Saint Père mêlé au chêne pédonculé à l'état bocager. Dans ce cas, il ne s'écarte jamais à plus de 10 ou 15 km de la côte.
Il est aussi présent en boisements sous forme de taillis près du littoral souvent associés au pin maritime et aux autres chênes indigènes.

Le plus vieux chêne vert de France aurait 1000 ans et vivrait à Talmont Saint Hilaire en Vendée dans la forêt du Veillon.
Forêt Jard sur Mer

Exigences

Lumière - Essence aimant les endroits ensoleillés mais s'accommode d'un certain couvert (pins).
Chaleur - Résistant au froid, -20° à Grignon en 1871, -18° aux Barres en 1929. Vient très bien en climat doux, avec hivers tièdes et étés chauds
Eau - Il s'accommode d'été très secs et chauds ou assez pluvieux et frais. Braun-Blanquet a constaté que sa transpiration l'été était réduite mais qu'elle était importante pendant l'hiver (même à des températures proches de zéro) ce qui constitue un danger pour les jeunes pousses ou les jeunes plants.
Sol - Assez indifférent à l'égard de la composition chimique du sol, pourvu qu'il trouve l'humus et les micro-organismes nécessaires à son développement. Préfère toutefois les terrains perméables aux sols compacts.
Falaise Jard sur mer

Développement

Les plants un peu âgés se transplantent difficilement.
L'arbre est adulte vers 12 ou 15 ans, sa hauteur d'adulte sera fonction des conditions plus ou moins favorables de son environnement (buisson dans les conditions extrêmes) il se développe ensuite en largeur.
Chez les jeunes plants, la racine pivotante est déjà très développée (60 à 80 cm) et s'enfonce profondément dans le sol, ses racines secondaires sont courtes puis se développent lui permettant ainsi de supporter la sécheresse.

Utilisation

On distingue deux variétés principales, les chênes à glands amers (nos arbres indigènes) et ceux à glands doux ou chêne ballote Quercus ballota Desf. dont les glands sont consommés crus ou grillés comme les châtaignes.

Bibliographie


A. Camus -Monographie du genre Qercus - Les chênes Tome II - Paul Lechevalier - 1938 1939
Notice détaillée des feuilles armoricaines par R. Corillon - Centre National de la Recherche Scientifique
Le Livre des Arbres Arbustes & Arbrisseaux - Robert Morel