Parcs et jardins

Palmarium, roseraie et orangerie

Roseraie et palmarium
Seve - Roseraie et palmarium
  • Le palmarium
  • Dans son état des lieux, le directeur du jardin avait souligné la vétusté des serres et leur capacité limitée.
    En 1895, avec la décision de construire un palmarium, Marmy voit se réaliser le vieux rêve de tous ses prédécesseurs : disposer d'une serre chauffée permettant le développement optimal des végétaux exotiques. L'opération fait l'objet d'un concours auquel ne participent pas moins de 10 entreprises.
    Après réunion du jury, le projet des Etablissements Guillot-Pelletier d'Orléans est reconnu comme le plus esthétique et aussi le moins coûteux. L'ensemble est caractéristique des serres monumentales de l'époque avec un pavillon central atteignant une hauteur de 10 mètres à la clef de voûte, et deux ailes latérales symétriques. Le marché est signé le 9 Juillet 1895, le délai contractuel pour la construction est de quatre mois. En dépit d'un léger retard, les travaux dans l'ensemble donnent satisfaction. Marmy note malgré tout quelques imperfections, un défaut d'étanchéité du vitrage, une fuite à la tuyauterie de la serre chaude et deux claies à ombrer défectueuses. Ces quelques malfaçons sont rapidement réglées et le nouvel équipement est mis en service le 15 Mars 1896.
  • Pour garnir le palmarium,Marmy utilise les introductions les plus récentes provenant du Gabon et du Jardin de Saint-Pierre en Martinique. Ces plantes rares sont malheureusement de petite taille et ne permettent pas de créer le paysage exotique souhaité; les grands végétaux sont achetés chez Fargetton à Angers.
  • La roseraie
    Marmy, grand amateur de roses, avait créé quelques variétés qui selon ses dires étaient de valeur européenne. Dès 1894, il projette de doter le jardin d'une roseraie et fait récupérer plusieurs centaines d'églantiers près de la Chapelle-sur-Erdre afin de les écussonner. La collection mise en place en 1895 compte plus de 600 variétés différentes. Elle est si bien accueillie par le public que Marmy peut écrire au maire "la population nantaise aime les roses avec passion". Cette roseraie disparaît entre les deux guerres pour faire place aux nouvelles plates-bandes botaniques. Il faudra attendre 1988 pour qu'une nouvelle roseraie soit réalisée au parc floral de la Beaujoire.
  • L'orangerie
  • L'état de délabrement de l'orangerie n'avait rien à envier à celui des serres, mais la municipalité n'avait pu jusque là dégager les crédits nécessaires à sa reconstructiion. Après de nombreuses relances, Marmy obtient enfin gain de cause. Le nouveau bâtiment se composera avec le palmarium sur lequel il sera axé. Cette disposition entraînera le démontage d'une serre existante ; celle-ci sera reconstruite à l'Est de l'orangerie, tandis qu'une nouvelle serre complètera à l'Ouest l'équilibre de l'ensemble.
  • Mais Marmy ne verra jamais la réalisation des travaux car il meurt le 21 Décembre 1897.
  • Cette fois, l'intérim ne durera que quelques mois. Il sera assuré par les frères Diard. Auguste, jardinier-chef, se charge de la conduite des travaux, son frère Joseph , en raison de sa formation, reprend les cours de taille fruitière et de botanique.
  • Le successeur de Marmy, Arthur-Théophile Pellerin, prend ses fonctions le 1er Octobre 1898. Conseiller municipal puis adjoint au maire, cet ancien professeur de lycée ne fait qu'une brève carrière au jardin. Celle-ci se termine tragiquement. Début Décembre 1899, Pellerin est retrouvé pendu dans la cage d'escalier de son logement de fonction.
  • Une nouvelle fois les frères Diard sont chargés du règlement des affaires courantes mais dans le courant du mois, la mairie nomme un nouveau directeur, le Docteur Paul-Emile Citerne.
  • L'adjudication de l'orangerie est prononcée le 15 Avril 1899. Les travaux sont confiés aux sieurs Lemaux pour la maçonnerie, Saillant pour la couverture-zinguerie, Bernard pour la charpente et Jubaut pour la peinture-vitrerie.
  • Le nouvel équipement est réceptionné le 26 Janvier 1900. Les modifications ultérieures que subira le jardin n'auront qu'un caractère mineur et ne constitueront que des adaptations aux nouvelles fonctions de l'établissement.
  • En cette année symbole qui marque le début du siècle, on peut considérer que l'histoire de la création du jardin est terminée.