Environnement

Vive les mauvaises herbes

Leur nom souligne leur mauvaise réputation.

Parce qu’elles ne sont pas cultivées et qu’elles sont résistantes, ces plantes adventices sont traquées, souvent à tort. On les sarcle, on les bine sans pitié. Pire encore, on les traite avec des produits toxiques.
Il conviendrait d’y regarder de plus près et d’apprendre à les observer pour découvrir que, si elles poussent où bon leur semble, elles ont aussi beaucoup à nous apporter. Les « mauvaises » herbes ont évidemment leur utilité : beaucoup protègent le sol de l’érosion, certaines sont comestibles (la salade de pissenlits !), toutes accueillent une faune aussi minuscule que variée et participent de fait à la biodiversité.

D’aucuns diront qu’elles « font sale »…

Affaire de goût. Quelques brins d’herbe nuisent-ils à l’esthétique d’un jardin potager ? Dès lors qu’elles ne compromettent pas le développement des plantes cultivées, elles s’inscrivent naturellement dans notre patrimoine végétal. Sachons les accueillir et, lorsque cela n’est pas possible, sachons les supprimer intelligemment en adoptant des méthodes alternatives au désherbage chimique, particulièrement néfaste pour les plantes que l’on souhaite conserver, pour la qualité
de l’eau, pour la faune et pour notre propre santé. Il suffit simplement d’éviter leur développement en étalant un « paillage » au pied des plantes ou, plus simplement encore, de désherber à la main ou à la vapeur.

De bonnes mauvaises herbes

Sur l’espace public, en particulier sur les trottoirs, le long des caniveaux ou au pied de certains arbres, ces plantes indisciplinées semblent pour beaucoup d’entre nous ne pas être à leur place. Apprenons à les tolérer, elles nous le rendront. Ce sont de précieux auxiliaires contre la pollution. Ce sont elles qui attirent les coccinelles, les abeilles, les
papillons et les mésanges.
Nos anciens connaissaient, par exemple, les vertus curatives de la mauve contre la toux, ou de l’oseille commune, diurétique puissant dont il ne faut pas abuser. Le trèfle constitue un excellent engrais naturel pour nos sols en captant l’azote de l’air ; l’ortie est à la fois très bonne en soupe et permet de nourrir les chenilles des papillons ; une poignée d’ortie aide à la reprise des pieds de tomates... Enfin, n’oublions pas qu’elles sont belles pour qui sait les observer et qu’elles valent de toute façon mieux que n’importe quel traitement phytosanitaire.