Environnement

La faune citadine

Couple Colvert au repos pelouse Mail Picasso
Couple Colvert au repos Mail Picasso © Seve
La richesse de la biodiversité urbaine peut nous réserver des surprises, spécialement en ce qui concerne la faune, plus importante et plus variée qu’on ne le croit généralement.
Insectes, reptiles, batraciens, oiseaux, rongeurs, mammifères sont des citadins à part entière, quasiment nos voisins de palier. Depuis l’écureuil aussi farouche que sympathique, les grenouilles et les libellules qui animent les endroits humides, sans oublier les centaines d’espèces d’oiseaux qui peuplent nos corniches, nichent dans nos arbres et pépient si bruyamment au printemps, les hérons qui viennent pêcher dans les bassins en ville, un faucon crécerelle qui chasse depuis le clocher de l’église St-Clément, les canards colverts et les poules d’eau adaptés à nos plans d’eau, les cormorans qui pêchent sur la Loire... On a également vu les labours des sangliers dans la promenade du Gesvres… Et encore plus incroyable, une colonie de renards qui loge sur le campus.
Toutes ces variétés d’animaux appartiennent à notre environnement. Leur apparition est toujours spontanée. C’est un signe de bonne santé pour la ville et beaucoup d’entre eux sont des prédateurs très utiles à ’équilibre naturel.

L’abeille, sentinelle de l’environnement

Depuis plus de dix ans, en butte aux multinationales agrochimiques, les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme. Baisse de production jusqu’à 50%, niveau de mortalité des abeilles multiplié par quatre ou cinq, nous sommes confrontés à une véritable catastrophe écologique. La disparition des abeilles pourrait avoir des répercussions néfastes pour la diversité floristique et la production des fruits et légumes. En effet, plus de 80% des espèces végétales dépendent directement de la pollinisation, notamment par les abeilles. Afin d’alerter l’opinion publique, la Ville de Nantes s’est associée à l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) dans une opération européenne destinée à placer, au cœur des villes, l’abeille en tant que sentinelle de l’environnement.

Des ruches en ville

L’installation de ruches en ville, à la Maison de l’apiculture à Chantenay, sur le toit du Théâtre Graslin et sur l’île de Nantes, permet d’analyser le pollen et le type de miel produit et d’en déduire la diversité floristique dans un rayon de 3 km. C’est ainsi que l’on peut s’apercevoir de la disparition de certaines espèces végétales. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les colonies d’abeilles vivent aujourd’hui mieux
en ville, en raison de l’absence de traitements phytosanitaires et d’une température légèrement supérieure à celle de la campagne. Le rendement de la ruche installée sur le Théâtre Graslin s’avère supérieur à celui que l’on trouve en rase campagne. Enfin, l’introduction d’espèces végétales naturellement résistantes à la pollution atmosphérique, ou certaines espèces exotiques dans nos parcs, donnent au miel produit des saveurs nouvelles et originales appréciées des amateurs. Cette expérience de pollinisation de la ville fait l’objet de recherches par le CNRS. L’UNAF travaille à la création d’un label européen accordé aux villes participant à l’opération.