Environnement

Jardinez sans polluer


Conseils aux particuliers : Aussi étonnant que cela puisse paraître, le jardinage peut être une activité polluante.
Insecticides, engrais et herbicides se retrouvent dans l’eau de nos rivières.
D’où viennent-ils ? Les jardiniers amateurs sont en partie responsables de cette pollution chimique. Mais il existe des solutions alternatives…

Faut-il nourrir les plantes ?

Non ! Grâce à leur chlorophylle, les végétaux élaborent la matière vivante par photosynthèse. Pour pousser, les plantes ont simplement besoin de lumière, d’eau, d’air et de dioxyde de carbone. Une grande diversité d’éléments minéraux leur sont également indispensables : l’azote, le phosphore et le potassium, ainsi qu’une multitude d’oligoéléments, tous puisés avec l’eau du sol.

Bonne ou mauvaise terre ?

Une structure grumeleuse et aérée du sol permet aux racines de se développer et de respirer. Quand argile et humus s’équilibrent, le sol constitue un réservoir d’éléments minéraux assimilables par les végétaux. Les micro-organismes, bactéries, acariens, insectes, vers de terre recyclent la matière organique et élaborent un sol vivant favorable aux plantes. La terre ne nécessite aucun apport d’engrais chimique si vous apportez régulièrement de la matière organique. L’apport de compost en surface permet de nourrir la microfaune du sol qui produira alors les éléments minéraux nécessaires à la croissance des plantes.

Améliorer la qualité du sol ?

Un sol trop compact, trop filtrant peut être amélioré avec du terreau et de la chaux en cas de sol trop acide. Si vous voulez vraiment obtenir des tomates plus grosses ou plus de fleurs, vous pouvez utiliser des engrais biologiques : corne, sang, guano, algue, fumier… Sous l’action des micro-organismes du sol, ils se décomposeront rapidement en minéraux. Choisir les plantes résistantes et adaptées au sol évite de trop fertiliser, arroser… et est synonyme de réussite au jardin.
Chasser les « ennemis » du jardin ?
Dans un jardin équilibré, ravageurs et parasites sont régulés par leurs prédateurs naturels. Plus le jardin offre d’habitats diversifiés, moins les ravageurs ont de chances de proliférer et plus grande sera la probabilité d’avoir un prédateur à proximité.

Mélangez poireaux et carottes !

Certaines plantes sont des répulsifs pour les parasites de leurs voisines, n’hésitez pas à les associer. Par exemple, la capucine attire les pucerons, ce qui épargne les autres plantes du potager d’une prolifération et permet aux coccinelles et autres auxiliaires de se maintenir et donc de protéger les légumes. En plus c’est joli et cela se mange… Pour éviter la transmission de maladies, cultivez chaque espèce à un emplacement différent selon les années et évitez de regrouper les plantes d’une même famille. Favorisez les cachettes à insectes, les nichoirs et bains pour les oiseaux, les abris à crapaud ou à hérisson. Ces animaux vous aideront pour maintenir l’équilibre biologique de votre jardin.

Il est urgent d’attendre !

Si quelques ravageurs apparaissent, surveillez la plante pendant quelques jours. Ramassez-les à la main ou écrasez-les, n’hésitez pas à couper une feuille pour éviter la contamination. Un simple jet d’eau peut également faire tomber les pucerons indésirables et diminuer la pression. Si des prédateurs ne viennent pas d’eux-mêmes vous aider, vous en trouverez dans le commerce : lâchez-les sur vos plantes attaquées. Attention cependant à ne pas introduire d’espèces exotiques qui risquent de se répandre dans la nature au détriment des espèces locales.

Se débarrasser des mauvaises herbes ?

Les mauvaises herbes ne sont pas si mauvaises que cela. Mais si vous souhaitez désherber, adoptez toujours des méthodes alternatives aux produits chimiques : évitez leur développement en étalant un « paillage » au pied des plantes, ou, plus simplement encore, désherbez à la main ou à la vapeur.

Quand tondre son gazon ?

Il est conseillé de le tondre lorsqu’il mesure plus de sept centimètres. À cette hauteur, il retient mieux l’humidité. Les besoins en eau en sont d’autant diminués et les « mauvaises herbes » sont plus concurrencées.

Les résidus verts ne sont pas ` des ordures !

Rien n’est pire que de mélanger le gazon coupé avec vos déchets ménagers, tant pour l’environnement que pour l’économie locale. Composés à 80% d’eau, les résidus de gazon ont une faible valeur calorifique et nuisent à l’incinération des déchets.

Ramasser l’herbe tondue ?

Pourquoi se fatiguer ? Laisser les résidus de gazon sur la pelouse permet de faire des économies de temps et d’argent. Les résidus de gazon comblent jusqu’à 30% des besoins en azote de votre pelouse et lui redonnent les éléments nutritifs dont elle a besoin. Si malgré tout vous souhaitez ramasser votre gazon tondu, compostez-le ou épandez-le en très faible couche sur les massifs d’arbustes ou sur le potager : ce paillage naturel évitera le désherbage et retiendra l’eau d’arrosage.